C’est habituellement au printemps que le marché de l’habitation canadien affiche un regain d’activité.
Habituellement.
Après un début d’année 2026 plus calme que prévu, le mois de mars a commencé et s’est terminé en douceur. Les ventes résidentielles se sont maintenues, les nouvelles inscriptions n’ont pratiquement pas changé, et la hausse des taux hypothécaires à la fin du mois a ajouté encore plus de complexité à ce qui s’annonce comme un printemps du type « dépêchez-vous et attendez ».
Nous vous présenterons les effets possibles que ce ralentissement pourrait produire chez les acheteurs et les vendeurs, mais avant, voici l’essentiel à retenir des données de l’ACI sur l’habitation pour le mois de mars.
- À l’échelle nationale, les ventes de propriétés sont restées pratiquement inchangées (-0,1 %) en mars par rapport à février.
- Les ventes mensuelles réelles (non désaisonnalisées) étaient inférieures de 2,3 % par rapport à mars 2025.
- Le nombre de propriétés nouvellement inscrites a baissé de 0,2 % d’un mois à l’autre.
- Le prix moyen des propriétés vendues au pays s’est établi à 673 084 $, soit une baisse de 0,8 % comparativement à mars 2025.

Pourquoi le marché de l’habitation au Canada n’a-t-il pas connu un essor au printemps 2026?
Si vous vous attendiez à ce que le marché immobilier soit déjà très animé au printemps, vous n’êtes pas le seul.
Après tout, la plupart des conditions étaient réunies : des coûts d’emprunt plus bas en début d’année, une meilleure abordabilité par rapport aux récents pics, et un nombre important d’acheteurs en attente.
Mais voilà qu’un imprévu a surgi.
« Les ventes résidentielles se sont maintenues à des niveaux plus bas en mars. L’incertitude économique mondiale croissante, conjuguée à une hausse en milieu de mois des taux hypothécaires fixes liée à la perspective d’une inflation plus élevée, est venue s’ajouter à un début d’année économique déjà fragile », a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI.
Autrement dit, alors que le marché était sur le point de prendre son essor, les coûts d’emprunt ont pris une direction défavorable.
Le printemps est habituellement la période la plus active de l’année pour le marché immobilier au Canada. Cependant, lorsque l’incertitude s’installe, notamment en ce qui concerne les taux d’intérêt, de nombreux acheteurs préfèrent attendre plutôt que de se précipiter.
M. Cathcart fait remarquer que, même si une légère reprise est encore prévue pour 2026, le récent changement des taux hypothécaires et la possibilité qu’ils diminuent à nouveau pourraient inciter les acheteurs à patienter pendant les mois les plus actifs, soit avril, mai et juin.

Le marché de l’habitation canadien est-il équilibré actuellement? Voici ce que les acheteurs et les vendeurs doivent savoir
Malgré le ralentissement, le marché ne penche pas de façon marquée dans un sens ou dans l’autre.
Puisque les ventes et les nouvelles inscriptions ont à peine changé en mars, le ratio national des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions s’est établi à 47,8 %. Ce résultat est légèrement inférieur à la moyenne à long terme, soit 54,8 %, et reste dans les limites généralement associées à des conditions d’un marché équilibré.
Alors, que signifient ces résultats? Actuellement, à l’échelle nationale, on observe moins de guerres d’enchères et davantage de recul pour prendre des décisions.
L’hésitation actuelle est en grande partie directement liée aux taux d’intérêt mentionnés plus haut. Pour les acheteurs qui envisagent des options à taux variable, le marché actuel pourrait offrir davantage de choix et moins de concurrence. Pour ceux qui privilégient les taux fixes, la récente hausse pourrait suffire à les inciter à marquer une pause.
« La situation des taux d’intérêt a récemment changé, donc ce qui pourrait constituer un défi pour un acheteur à la recherche d’un prêt hypothécaire à taux fixe peut, au contraire, être perçu comme une occasion d’avoir plus de choix et moins de concurrence pour celui qui opte pour un taux variable », a expliqué Garry Bhaura, président de l’ACI de 2026-2027.
Comme toujours, tout dépend de votre situation et de la région que vous ciblez. Si les statistiques nationales montrent une situation stable, les marchés locaux partout au Canada continuent quant à eux de présenter des réalités très différentes.

Les prix des propriétés sont-ils en baisse au Canada?
À l’échelle nationale, les prix des propriétés continuent de baisser, mais à un rythme ralenti.
En mars, l’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) a baissé de 0,4 %, ce qui représente une baisse moins importante qu’en janvier et en février. D’une année à l’autre, les prix ont baissé de 4,7 %, soit une légère amélioration par rapport à la baisse de 4,8 % enregistrée en février.
Avec un peu de recul, on constate que les prix continuent de s’ajuster, mais que le rythme de cet ajustement ralentit.
L’ACI considère la stabilisation des prix comme une étape essentielle pour convaincre davantage d’acheteurs de revenir sur le marché. Et même si nous n’en sommes pas encore tout à fait là, les données récentes indiquent que la situation pourrait évoluer dans ce sens.
Toutefois, à l’échelle régionale, le portrait demeure contrasté.
Les prix sont toujours en baisse d’une année à l’autre dans certains des marchés les plus grands et les plus chers du Canada (Colombie-Britannique, Alberta et Ontario), tandis que les hausses enregistrées dans d’autres provinces contribuent à compenser ces baisses.

Prévisions de l’ACI pour le marché résidentiel en 2026 : les nouvelles attentes
Parallèlement à la publication des données de mars, l’ACI a mis à jour ses prévisions pour le marché immobilier pour les deux prochaines années.
Compte tenu d’un début d’année 2026 plus lent que prévu et de nouvelles incertitudes quant aux taux d’intérêt, l’ACI a revu à la baisse ses prévisions nationales pour les ventes résidentielles.
L’ACI prévoit maintenant que 474 972 propriétés seront vendues en 2026, ce qui représente une hausse de 1 % par rapport à 2025. Selon les dernières prévisions, les ventes résidentielles devraient augmenter de 5,1 % en 2026 comparativement à 2025. Selon l’ACI, même si on s’attend toujours à ce que la demande refoulée, notamment celle des acheteurs d’une première propriété, resurgisse, la hausse des taux hypothécaires et l’incertitude économique risquent de freiner les ventes plus tôt que prévu.
Du côté des prix, les perspectives sont tout aussi stables.
Le prix moyen national des propriétés devrait augmenter de 1,5 % en 2026 pour atteindre 688 955 $, ce qui représente une baisse par rapport à la hausse de 2,8 % initialement envisagée.

Les prix des propriétés sont en hausse dans la plupart des régions du Canada
Tout comme pour les conditions actuelles du marché, les prévisions varient considérablement d’une région à l’autre.
On s’attend à ce que la Colombie-Britannique et l’Ontario mènent la reprise des ventes au cours des prochaines années, principalement parce que ces provinces ont davantage de marge de manœuvre pour se redresser après le ralentissement récent.
Parallèlement, certaines provinces qui ont enregistré des ventes élevées ces dernières années pourraient afficher un ralentissement, voire une légère baisse, à court terme. Les marchés où les prix sont plus élevés, comme la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario, ne devraient connaître qu’une hausse minime, voire nulle, des prix en 2026, tandis que les régions plus abordables (le Québec, les Prairies et le Canada atlantique) devraient afficher des hausses modérées comprises entre 2 % et 5 %.
Là encore, tout confirme la même idée : il n’existe pas de « marché canadien de l’habitation » unique, mais seulement un ensemble de marchés locaux qui évoluent à divers rythmes.
Le marché de l’habitation canadien se redressera-t-il au printemps 2026?
Les conditions nécessaires à une reprise du marché sont toujours présentes : une demande refoulée, une meilleure abordabilité par rapport aux récents pics, et une dynamique offre-demande relativement équilibrée.
Face à l’évolution imprévisible des taux hypothécaires et à la persistance de l’incertitude économique, de nombreux acheteurs semblent attendre de meilleures nouvelles avant de se lancer.
« Le printemps est généralement une période plus animée sur le marché immobilier, même si elle ne l’est peut-être pas autant que nous l’avions prévu récemment, a dit M. Bhaura. Si la hausse récente des taux hypothécaires ne vous touche pas, contactez dès aujourd’hui un courtier ou un agent immobilier de votre région. »